Quand la savane brûle, où vont les guépards ?

  • by  October 4, 2026
Quand la savane brûle, où vont les guépards ?

De nouvelles recherches du Cheetah Conservation Fund documentent comment un incendie de forêt en Namibie remodèle la communauté des mammifères de la savane et ce que cela signifie pour la conservation du guépard.

En octobre 2021, un incendie de forêt a ravagé 650 km² de savane dans la région d’Omaheke, en Namibie, coupant en plein cœur une étude menée par le Cheetah Conservation Fund (CCF) à l’aide de pièges photographiques. Ce qui avait commencé comme une étude sur la communauté des carnivores s’est transformé en une expérience naturelle exceptionnelle permettant de documenter quasiment en temps réel la réaction de toute une communauté de mammifères de savane lorsque son habitat part en fumée.

Les résultats, désormais acceptés pour publication dans la revue internationale d’écologie Oecologia, sont frappants. Dans les cinq mois qui ont suivi l’incendie, les mammifères de la savane ont progressivement déserté le paysage, tant les zones sinistrées que l’habitat environnant. Autrement dit, l’incendie a provoqué un déclin à grande échelle de la faune de la savane, touchant plus durement les espèces les plus petites et les moins mobiles, mais aussi les herbivores comme l’oryx et l’éland, privés de leur nourriture.

Pourquoi c’est important pour les guépards

Les guépards sont des spécialistes de la savane. Ils ont évolué pour les prairies et les savanes ouvertes, des paysages façonnés et maintenus ouverts par les feux de forêt et autres perturbations naturelles. Les guépards occupent des territoires extrêmement vastes et dépendent donc d’habitats immenses et interconnectés, non seulement pour trouver des proies et éviter leurs concurrents, mais aussi pour se réfugier lorsque les conditions se détériorent lors de sécheresses, d’épidémies et, comme ici, après un incendie de forêt.

Nos recherches arrivent à point nommé, car les changements climatiques et d’utilisation des terres influent sur les régimes d’incendies de forêt à l’échelle mondiale. On prévoit que les incendies de forêt deviendront plus fréquents et plus intenses, et si des feux ravagent de vastes zones de façon répétée, sans laisser suffisamment de temps à la faune pour se régénérer, ils dégradent progressivement la qualité des habitats dont dépend la faune sauvage. De plus, lorsque même les terres entourant une zone incendiée perdent de leur valeur, comme le montrent nos résultats, les habitats refuges se réduisent beaucoup plus rapidement qu’une simple carte des zones brûlées ne le laisserait supposer.

Le message de conservation est clair et cohérent avec tout ce que promeut le CCF : protéger de vastes paysages bien connectés qui offrent à la faune sauvage l’espace nécessaire pour se déplacer et se régénérer. Pour une espèce qui a besoin d’espace avant tout, la préservation de ces grands paysages sera déterminante pour la survie des guépards.

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